Transvolcanique 2010
"Petite balade" dans les volcans d'Auvergne,
racontée par Pif

Quelques mois avant…

Paradoxalement, l'aventure de la Transvolcanique 2010 aura commencé un soir de 31 décembre 2009. Ou alors c'était déjà le 1er janvier 2010, les douze coups de minuit ayant déjà retentis ?

A vrai dire, je ne sais plus.

Toujours est-il qu'on avait un verre à la main quand j'ai convaincu JMax et Charli de participer à la rando de la section cyclo du Foyer Rural de Blanzat, sur les terres du P'ti Poisson en leur racontant les bons moments passés en 2004, 2005 et 2006
(à cette période là, Claire ne s'était pas encore flingué les genoux au ski et elle comptait participer aussi).

Bref, l'alcool aidant, les deux compères acceptent le défi, sachant que pour eux qui ne pédalent qu'occasionnellement, il va falloir s'entraîner pendant quelques mois pour arriver prêts mi septembre.

Ce sera d'ailleurs le cas, l'un du côté de la côte d'Opale, l'autre du côté de Rouen. Pendant ce temps là, j'experimenterai certaines méthodes particulières d'entrainement, comme les conséquences d'une soirée fondue Bourguignone lors d'une sortie censée être bourrin avec GiHel (ce ne sera pas glorieux)...


Vendredi

JMax et Charli débarquent avec leur vélo sur Paris. Encore quelques doutes sur la monte pneumatique à choisir, mais les montures sont prêtes. On fera un changement de pneu pour JMax plus tard.

GiHel débarque avec son Espace quelques bières après. On charge vélos et sacs, et c'est parti pour l'Auvergne.

Petite frayeur me concernant, de l'huile est partie du plongeur gauche de ma fourche. Après quelques tours de roue de test, il semble ne pas y avoir de problème.

La troupe est donc constituée de trois semi-rigides (Merlin, Spé' et Lapierre), et de mon toumou.

Le temps s'annonce beau, et le terrain a l'air d'être plutôt sec.


Samedi

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Le réveil sonne un peu tôt, mais après un petit déj' copieux, on file sur Blanzat, un peu à la bourre. On récupére nos "accréditations", nos cadeaux et les noms de notre hôtel, avec une mauvaise blague puisque GiHel qui aurait dû dormir avec nous se retrouve dans un autre hôtel, dont on apprendra de plus le soir qu'il est à l'autre bout de la ville de Mont Dore (côté pistes de ski).

On attache nos plaques sur les vélos, il ne fait pas bien chaud, et on part… avec 5mn de retard sur le peloton qui est déjà loin devant !

Heureusement, le départ se fait dans la ville pour parader, et très rapidement on retrouve les 1500 autres vttistes et les bouchons inévitables.

Avant d'atteindre la sortie de la ville, JMax se fait déjà remarquer avec une belle fuite de son sac à flotte qui lui trempe le dos. On verra plus tard qu'il aime bien être mouillé de manière générale.

Au pied de la forêt, en direction de Nohanent, le chemin se rétrécit et ça bouchonne comme un samedi noir d'été en vallée du Rhône. On en profite pour regarder le sac de JMax, il s'agit juste du joint mal placé. Et on décide d'attendre que le peloton se soit bien étalé pour pouvoir monter tranquillement le sentier, SUR le vélo. Ce sera notre mot d'ordre du week-end: plutôt attendre que faire une rando pédestre. Et ce sera d'ailleurs une bonne décision, on aura pû apprécier tout le circuit et en particulier les passages un peu scabreux. La moyenne s'en ressentira par contre.

On monte donc pour arriver dans une carrière au nord de Clermont, avec un beau point de vue sur la ville. On en profite pour enlever la veste, la température se réchauffant avec l'effort et le soleil.

Petite descente plein gaz sur Durtol, puis une portion de route avant de se diriger vers Orcine par le bois de Ribage. Joli petit sentier dans le début du massif des Puys qui tournicote entre les arbres, avec quelques racines et rochers qui veulent nous faire mettre pied à terre. Charli en profite pour nous faire une belle figure de tortue qui tombe sur le dos en foirant un passage de racine sur une portion abrupte. Pas de bobo, le vélo n'a rien.

Premier ravito, tout le monde va bien et les montées n'ont pas entamé les forces des deux bleusailles. On dévore quelques sandwichs aux rillettes et on repart pour poursuivre la montée: un chemin roulant dans les bois, passant au pied du Puy de Dôme.

Après une nouvelle portion de route, on passe Laschamp, pour passer entre le Puy Pelat et le Puy Mercoeur, direction plein Ouest, dans la forêt, en montant. (Monter était un peu le thème de cette journée d'ailleurs…)

Jusqu'à Olby, on aura une succession de portions roulantes et de bouts de route pas franchement inoubliables, mais qui permet d'avancer sans trop se fatiguer.

Après un deuxième ravito tout aussi sympathique que le premier avec des organisateurs aux petits soins, on continuera encore sur ce genre de tracé très roulant. Un petit coup de cul, un passage en forêt, et on arrive sur Gelles, pour le repas. On est plutôt en queue de peloton, mais finalement on retrouve le reste du troupeau qui attend pour être servi. Petite attente d'une vingtaine de minutes au soleil, ça pourrait être pire.

On déjeune dans la salle de sport de la ville, au sec et au chaud. Un peu de vin rouge pour recharger les batteries, café, l'addition et c'est reparti.

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Cette fois-ci c'est moins roulant: moins de portions de routes, plus de portions en forêt, et ça continue de monter. Voire même de descendre, vers Massages par exemple, pour traverser la Miouze, et remonter.

Encore un ravito à Perpezat, où on se rend compte qu'on est quand même plutôt dans les derniers, même les gars du club de Poissy avec qui on avancait de concert le matin sont devant. Mais on s'en fout, GiHel fait des photos, moi je joue au yoyo, et JMax et Charli avancent tranquillement.

Au pied des roches Tuilières, on attaque une bonne montée assez pentue et truffée de pierres instables. Le terrain étant sec et n'étant pas bouchonnés, on peut malgré tout la monter sur le vélo tranquillement, alors que d'autres s'y cassent les dents. JMax et Charli ne feront pas tout sur le vélo, mais ils en auront tout de même fait une bonne partie, en respectant le principe de base que je leur ai inculqué: "on fait du vtt, pas de la rando pédestre".

Satisfaits de notre montée et les poumons un peu en feu, on se dirige vers le col de Guéry. Là il est trop tard pour que ne puissions terminer la boucle qui passe par la banne d'Ordanche. C'est dommage le paysage y est magnifique et je n'avais pas arrété de bassiner mes compères toute la journée avec ça.

Du coup, on passe par l'itinéraire bis de l'organisation: le même chemin que celui qu'on empruntera le lendemain matin. Après une pause photo au bord du lac de Guéry avec le massif du Sancy en arrière plan, quelques portions de single-tracks bien rigolote, on descend vers la station, plutôt rapidement, avec quelques portions qui tabassent, où on se fait bien plaisir en lachant les freins.

Dernière petite pause photo du côté de la cascade du Qeureuilh, dernière petite descente sur un sentier bien rigolo, où n'ayant personne pour nous bouchonner, on peut se lacher comme des furieux. Et on arrive enfin au Mont Dore, avec 88km au compteur, 2600m de +, 7h sur le vélo, 10h en tout, et plein de photos dans les appareils. L'aller étant roulant et n'ayant pas non plus forcé, on n'est finalement pas trés fatigués.

On quitte malheureusement GiHel qui doit encore remonter jusqu'à la station de ski, 300m de D+ plus haut et avec JMax et Charli on débarque à l'Hôtel où nous attendent nos sacs. Petite douche. Repas à l'Hôtel, et on part ensuite à la recherche d'un troquet pour siroter de la bière.


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Dimanche

Alors que JMax et moi dormions dans la même chambre, quelques vttistes ont dû maudire Charli avec qui ils étaient et son ronflement. Il n'a pas été poignardé dans la nuit, c'est déjà ça.

On retrouve GiHel au pied de l'Hôtel. On récupère nos vélos, on en profite pour nettoyer un peu les chaînes à la brosse à dent, un coup d'huile, nettoyage des plongeurs. On est parés pour attaquer le retour.

A 8h30, les autres vttistes sont déjà pour la plupart partis devant, pensant pouvoir éviter les bouchons.

Mauvaise idée apparemment, même nous qui sommes finalement déjà dans la queue du peloton on tombe sur des bouchons avant la cascade de la veille. Fidèles à nos principes, on applique la même stratégie que la veille: plutôt attendre que monter à pied. Et du coup on profite de la bonne petite montée bien sympa qui nous amène vers le col du Guerry: si c'était sympa à descendre la veille, fallait s'attendre à ce que ça le soit aussi dans l'autre sens.

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Par contre, ça a beau monter, il fait tellement froid (ça gèle à certains endroits) que ça ne suffit pas à nous réchauffer complètement. On n'enlèvera finalement les manches longues que vers le milieu de l'après-midi.

En haut du col, après une portion de route, on débarque sur le terrain de jeu des skieurs de fond à côté du lac de Guéry. Un détour et un petit coup de cul nous amènent sur la montée un peu raide de la veille avec ses pierres instables. Sauf que cette fois-ci c'est pour la descendre. Avec GiHel on se tire une bourre, même si rapidement je prends l'avantage avec mon toumou, et on double d'autres vttistes moins à l'aise dans ces portions qui secouent pas mal.

On longe les roches Tuilières et Sanadoire avec un tracé en zigzag, où un pauvre couple d'Allemand faisant du camping sauvage se fera réveiller par un troupeau de vttistes qui en profitent justement pour s'arréter prendre une photo là où ils campent.

Normalement le tracé est globalement descendant. JMax et Charli s'attendent donc à ne pas avoir à faire trop d'effort. Sauf qu'il y a un "globalement". Et jusqu'au Puy de Côme, on jouera au yoyo avec des petites montées et des petites descentes, qui vont se succéder toute la journée.

Au ravito de Douharesse on profite du café chaud pour rajouter quelques degrés dans notre sang, un petit vent ayant eu la mauvaise idée de se lever. Ca nous donne l'occasion de pouvoir mater du beau matos comme un joli tandem tout en titane.

En repartant, je crois reconnaître un chemin et annonce fièrement à mes compères qu'on va avoir droit à une belle et bonne descente... Sauf que ce n'est pas ça du tout et que ça monte au contraire, voire même plutôt bien !

On longe ensuite des champs et des prés sur des minuscules chemins où il faut faire gaffe à ne pas se gaufrer pour ne pas se faire électrocuter par les barrières. On passe pas loin de la roche Branlante. On n'aura pas le vice d'aller faire un détour pour une photo. On est sérieux quand même...

Une jolie descente suit avant de remonter en direction de Perpezat pour un deuxième ravito. Quelques bonnes montées avec des passages raides nous font doubler des vttistes à pied.

On aura d'ailleurs droit à d'autres portions de ce type, avec quelques raidars sur route où on double des participants qui préfèrent pousser à pied que monter sur le vélo. Mouais...

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Jusqu'au repas du midi, on va avoir aussi des passages en forêt avec quelques portions amusantes. D'autant plus amusantes que JMax nous gratifie d'une belle tentative de passage dans une flaque profonde (alors qu'il y avait un itinéraire bis bien visible et bien sec juste à côté). Le temps d'immortaliser l'instant, on repart bidonnés, et JMax mouillé jusqu'aux mollets.

On arrive enfin à Gelles, où il faut l'admettre, on est franchement dans la queue du peloton. Charli commence à se plaindre d'une douleur à un tendon d'Achille, et moi mes genoux commencent à se rappeler à mon bon souvenir. On déguste notre paélla, quelques verres de vin, café, l'addition, et c'est reparti, au soleil.

On arrive pas loin de St-Pierre-le-Chastel quand on croise un vttiste de Versailles en galère: plus de plaquettes de freins. En en ayant en rab', je m'arrête et on commence à bricoler son vélo (un Cannondale bien évidemment...). On a quelques soucis avec les clips, et on met bien quinze minutes avant d'arriver à faire le premier frein. Quelqu'un de l'organisation arrivant, je le laisse terminer le deuxième, et attaque la montée de Saint-Pierre. Bien rigolote, au bout de laquelle je retrouve mes trois compères qui m'attendaient (avec un toutou qui est venu faire un calin à GiHel). C'est pas comme ça qu'on va arriver dans les premiers... En tout cas, le vttiste avec des freins aura pû profiter des descentes finales.

On longe Mazaye, on fait quelques photos, et on débarque dans le massif des Puys où nous attend un superbe sentier tant visuellement que techniquement. Un truc qui tournicote monte et descend dans tous les sens, avec des racines, des rochers. Bref, le super pied, du moins pour ceux qui ont encore du jus. Charli et JMax le trouvant moins amusant que GiHel et moi...

Après avoir longé le Puy de Côme et s'être tapé un bon petit coup de cul, on arrive au dernier ravito. Là JMax et Charli se font avoir en prenant au pied de la lettre les organisateurs qui annoncent qu'il ne reste quasiment plus que de la descente: le quasiment c'est encore un bon single en montagne russe le long du Puy de Chaumont qui fait puiser dans les réserves.

Mais heureusement pour nos deux compères, une première descente dans un single-track dans le bois de Clerzat arrive. Etant seuls, on peut trajecter comme des gorets à souhait et lâcher tout: ça descend vite, ça tournicote, il y a des pierres à enrouler ou à sauter, des branches à éviter. Rhâââ…

On traverse ensuite La Mouteyere, plutôt en descendant, avant d'attaquer la dernière descente sur Sayat, encore plus défoncée que la précédente, encore plus jouissive, et qu'on pourra apprécier jusqu'à plus soif, n'étant pas du tout génés par d'autres vttistes, puisqu'il n'y en a presque plus !

Arrivé à un dernier croisement, je m'excuse auprès d'un organisateur qui fait la circulation, pour notre retard, mais c'est parce qu'on a fait plein de photos. Il me sort un "ce n'est pas grave, on est là pour ça". A 18h, c'est plus que de l'abnégation, mais ça reflète bien l'esprit des 150 bénévoles qui nous ont chouchoutés pendant deux jours.

Finalement on arrive à Blanzat avec 92 bornes de plus au compteur, 2300 de +, 7h00 de roulage, 10h de sortie (du moins pour moi), ravis et pas trop fatigués dans l'ensemble.

C'était une bonne ballade durant deux jours avec une organisation toujours aussi irréprochable, des conditions météo fort sympathiques, et un groupe de branleurs tout aussi sympathiques. D'un autre côté, l'intérêt de se traîner et de se retrouver derrière est que ça permet de pouvoir apprécier le circuit sur le vélo, et pas à pied ou debout sur les freins...


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Texte et mise en page: Pif, le 9 octobre 2010

Photos en quantité monstrueuse: GiHel, JMax, Pif

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