Bon, Quatre paires de pédales (oui oui, 4 paires)
Shimano, ça compte. Il y en a une sur chaque Merlin et
forcément 2 paires sur le tandem.
Un petit historique d'abord.
Tout au début du VTT (en France) en 1985, il n'y avait
pas de pédales automatiques, rien que des pédales
dites "piège à loup" (ou pieds jaloux, NDLR). Mes tibias en portent encore
les stigmates car elles avaient une fâcheuse tendance
à quitter les godasses pour agresser les tibias...
Deuxième étape, les mêmes avec des cales-pieds.
C'était achtement mieux, on ne se prenait plus les
pédales dans les tibias mais on se contentait de
pousser comme des boeufs sur les susdites pédales. Pas
moyen d'optimiser le pédalage en tirant pour remonter
la pédale.
En 1987/88 je fis quelques essais de pédales
automatiques avec des pédales Look (modèle cyclo avec
une face large et plate) associées à des chaussures de
running. J'avais renforcé les chaussures avec une
plaque d'alu dans laquelle j'avais fixé les cales. Ca
marchait tant qu'il n'y avait pas urgence autrement,
c'était Ziiiippp Paffff Boum Bobo. Pas trop concluant
l'affaire ;-( : retour aux pédales avec cales pied.
Donc en gros, j'avais bien compris que des pédales
automatiques se justifiaient en VTT mais j'ai
abandonné l'idée jusqu'à ce qu'apparaissent de vraies
pédales automatique pour VTT. C'est Shimano qui tira
le premier, et depuis, je n'ai eu que des pédales
automatiques de la marque. Il faut dire qu'elles
étaient déjà très abouties puisqu'elles étaient déjà
double face et que le système SPD arrivait avec des
cales spécifiques et des chaussures associées. Rien à
voir avec les système des routeux. Pour l'anecdote, il
y a maintenant une pédale Shimano DuraAce (le haut de
gamme pour la route) simple face.
Ces nouvelles pédales n'avaient pas que des avantages :
par exemple, il n'y avait aucun degré de liberté.
C'est lorsque les pédales Look et surtout Time sont
sorties avec un degré de liberté que Shimano s'est
penché sur ses cales pour leur donner également une
liberté angulaire et aussi la faculté de déclipser
vers l'extérieur ET vers l'intérieur.
Globalement ce sont de très bonnes pédales avec peu
d'entretien et une possibilité de réglage de la dureté
du ressort que les Time n'ont pas. Il y a également
plusieurs sortes de cales en fonction de l'utilisation
(rando ou Xcountry). Il est vrai aussi que dans la
boue, elles sont parfois un peu dures à clipser. Mais
si l'on prend la peine de passer un peu d'huile
(filante pour tronçonneuse) sur chaque face avant une
sortie boueuse, il est rare d'avoir du mal à clipser
ou déclipser. On peut en mettre un peu dans une petite
burette qu'on emmène avec soi et ça sert aussi pour la
chaîne.
Jean-Louis nous montre ici (bien involontairement) ce qui se passe quand on tombe sans parvenir à déclipser :

Les pédales Time vues par Philippe
Personnellement, j'ai toujours eu des Time Atac, avec des chaussures Time.
L'avantage de ces pédales est qu'elles sont d'une solidité à toute épreuve
(sauf les caches en plastique pour certains modèles, qui ne servent que de
décor), elles clipsent toujours facilement, même recouvertes de boue et se
nettoient bien.
Il en existe maintenant toute une gamme. Le mécanisme et l'efficacité sont
toujours les mêmes, seuls changent le poids et la déco. Donc, l'entrée de gamme
est très bien.
Faut les faire !
De toutes façons, quelle que soit la pédale (non, pas d'allusion déplacée), il
faudra s'y habituer. Ca fait toujours curieux d'avoir les pieds attachés au
début. On conseille en général de se mettre sur le vélo, dans un couloir étroit
afin de se tenir aux murs (ou entre deux tables hautes) et de s'entraîner à clipser/déclipser plusieurs
centaines de fois (au risque de se faire moquer de soi par sa compagne, puis par les voisins qui commencent à en avoir assez de ces clac-clac à minuit !).
En plus, cela les use et facilite le déclipsage qui est toujours dur au début.
Il y a aussi la méthode frappée, éprouvée : faire une rando avec certains d'entre nous, du genre vicieux, qui s'y entendent pour faire passer le béotien par des endroits où il est difficile de ne pas mettre pied à terre. En général, ils attendent, hilares, avec l'appareil photo, en haut de la côte, à l'affût de la chute !
Les problèmes de genoux.
Je ne connais pas les autres pédales, mais certains, qui ont des problèmes de
genoux, diront que les pédales automatiques (Time ou Shimano) n'ayant pas assez de débattement latéral, finissent
par faire mal au genou. C'est-à-dire qu'elles ne permettraient pas un
mouvement angulaire du pied assez important, sans déclipser. Cela arrive si on a
naturellement les pieds en canard ou rentrés en dedans. Les cales ramènent
les pieds parallèles et ça fait mal. On peut régler les cales légèrement en biais
sous la chaussure pour compenser, mais ça ne suffit pas toujours.
Dans ce cas, il vaudra mieux revenir aux pédales plates.
Le choix de la pompe
En ce qui concerne les chaussures, il faut impérativement les essayer dans la magasin avec les bonnes
chaussettes : on devra avoir un peu de liberté dedans, mais pas trop. Si on est
serré, même un peu, le pied risque de buter au bout et ça fera mal
rapidement. De plus, cela coupera la circulation du sang et ce n'est pas bon.
Evidemment, on imagine ce qui se passe lorsque la chaussure est trop grande :
une chaussure fixée sur la pédale avec un pied nu à côté et un biker qui dit des
gros mots !
Ne pas se fier aux pointures habituelles, les fabricants de chaussures de vélo semblent avoir des normes assez farfelues.
Moi qui fait du 41, j'ai des chaussures en 42 qui me vont très bien. Serge a eu des chaussures avec 3 pointures au-dessus !
Ne pas prendre de chaussures pour le vélo de route, qui sont très très très
rigides. Les choisir de préférence avec des crampons (c'est mieux pour pousser le vélo dans
les côtes boueuses qui dérapent) et, encore mieux si elles sont livrées avec
des caches pour remettre à la place des crampons.
En été, quand c'est sec (si, si, ça arrive), j'aurais été content d'enlever les
crampons pour marcher, mais il reste alors un pas de vis agressé par les poussières
et la flotte, qui rouille et on ne peux plus remettre les crampons après.
De préférence, il vaut mieux prendre des chaussures avec 2 ou 3 bandes de
fermetures (une seule, je trouve ça insuffisant au niveau du maintien du pied).
Le velcro, c'est pas mal, mais à la longue, ça ferme moyen. Les lacets, il faut
faire attention à ce qu'ils ne se prennent pas dans le pédalier. Il y aussi la bande velcro qui maintient les lacets.
Ensuite, il y a l'aération du pied qui est importante, mais penser aussi que
des grosses aérations permettront à l'eau de rentrer en passant dans les
flaques et de faire froid en hiver. Cela peut être compensé par des chaussettes
en Damart + des surchaussures en néoprène étanche (pas cher).
Certaines chaussures permettent de marcher normalement avec, même avec les
cales en-dessous, ce qui n'est pas mal à la fin de la rando, pendant le pique-
nique, pour conduire, etc...
Descendre des escalier avec des cales sous les pieds, par exemple,
c'est parfois dangereux (il vaut mieux les descendre sur le vélo ;-))
Montage des pédales.
Bien sûr qu'il faut les monter soi-même sur le vélo, ces pédales !
Vous n'allez tout de même pas payer quelqu'in pour le faire, c'est tellement simple...
Evidemment, il faudra enlever les pédales d'origine avant et si on sait pas le faire, ça peut être difficile. J'en vois encore qui tirent sur leur clé de toutes leurs forces, sans y parvenir...
Il faut savoir que le sens de vissage n'est pas le même sur les deux pédales. Celle de droite a un "pas à droite", celle de gauche a un "pas à gauche".
Munissez-vous d'une clé Allen de 6 ou d'une clé plate de 15, selon les modèles.
Positionner la manivelle à l'horizontale, vers l'avant du vélo.
Placer la clé verticalement de manière à éviter de faire tourner le pédalier en forçant.
Tourner dans le sens inverse des aiguille d'une montre (lorsqu'on est face à la pédale) pour dévisser la pédale de droite.
Tourner dans le sens des aiguilles d'une montre pour la pédale de gauche.
Cela revient à dire dans les deux cas, si la clé est verticale et vers le haut, de tirer la clé vers l'arrière pour dévisser, vers l'avant pour visser.
Surtout, avant de remonter vos nouvelles pédales, penser à graisser légèrement le filetage pour pouvoir les redémonter par la suite.
Il faut enfin savoir les utiliser, ces pédales !
Il va vous falloir apprendre une nouvelle façon de pédaler !
Tout l'intérêt des pédales automatiques réside dans le fait que pendant que le pied descendant appuie sur la pédale, le pied qui remonte peut tirer l'autre pédale, doublant le rendement !
Le pied ne reste plus à l'horizontale sur la pédale, mais il "s'enroule" autour. Lorsqu'on tire sur la pédale, on mettra la pointe du pied vers le bas pour mieux tirer sur la jambe plutôt que sur la cheville.
Ce nouveau réflexe prend du temps à acquérir, mais une fois que le pli est pris, on s'aperçoit d'un gain d'effort énorme.
C'est d'ailleurs pourquoi il est important que la chaussure soit solide, car on tire dessus assez fort. Au bout de quelques milliers de kilomètres, voilà ce que ça peut donner :
Philippe Bonneyrat.